Affiche du film “L’homme qui tua Don Quichotte”

 

En passant devant le cinéma Diagonal, vous aviez pu voir il y a quelques semaines à l’affiche « L’homme qui tua Don Quichotte » au milieu d’autres films expérimentaux bulgares en version originale. Derrière ce film se cache un véritable parcours du combattant. Le réalisateur et scénariste Terry Gillian est l’un des anciens membres des Monty Python, un groupe de comiques anglais connus entre autres pour le film « Sacré Graal ». Depuis, il est devenu un réalisateur et un artiste confirmé avec des films notables tels que « L’armée des douze singes » ou encore « Las Vegas Parano », qui deviendront vite cultes. Il réussit un renouvellement constant et une diversité rare en passant de blockbusters, notamment avec les frères Grimm, à des opéras.

L’histoire commence en 1989 quand il découvre le roman de Cervantes, « Don Quichotte » et se met en tête de l’adapter au cinéma. Cependant, ce n’est qu’en 2000 que le projet devient concret et reprend vie avec Johnny Depp et Jean Rochefort dans le rôle du cavalier espagnol, qui pour l’occasion s’est mis à l’anglais.

Dès le 2eme jour de tournage, une crue ravage une partie du décor. Quelques jours plus tard, c’est Jean Rochefort qui est victime d’une hernie discale et dans l’impossibilité de tourner. Terry Gilliam décide alors d’arrêter la production. Il en tire en 2002 un documentaire intitulé « Lost in la Mancha » qui retrace la tentative de tournage désastreuse du film. Ni une ni deux, cette histoire devient un mythe dans le milieu du cinéma et l’idée qu’un jour ce projet aboutisse relève du fantasme. Le réalisateur, qui n’a pas dit son dernier mot, continue pendant presque 15 ans à travailler sur son projet, malgré le manque de argent nécessaires pour produire le film.

C’est en février 2016 que le projet renait de ses cendres lors que Terry Gilliam rencontre le producteur Paulo Branco qui s’engage dans l’aventure. Très vite, des querelles judiciaires sur les droits du film commencent à menacer la sort de celui-ci et entache définitivement tout bon rapport entre les deux hommes mais le tournage débute tout de même en mars 2017.
Le 9 mai 2018, la justice française autorise finalement la projection du film. Un dernier rebondissement vient perturber la finalité du projet, à quelques jours de la présentation du film : Terry Gillian est hospitalisé pour une artère perforée.

C’est enfin le 19 mai 2018 que « L’homme qui tua Don Quichotte » sort finalement en salle et
reçoit l’honneur d’être projeté en clôture du 71éme festival de Cannes.

Alors que l’on pensait cette histoire terminée, on apprend un mois plus tard que Terry Gillian perd le procès et doit renoncer aux droits du film, se retrouve mis en examen avec l’ensemble des membres de la production. Il vous sera maintenant impossible de visionner le film sans assimilé les rudes péripéties de Don Quichotte de la Manche a un Terry Gillan bien éprouvé par toutes ces histoires.

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