Vendredi 10 mars, Soufian, de son « blaze » Sonic et surnom Soso, a rendu visite à la classe d’option écriture journalistique de la licence Sciences du langage de l’université Paul Valéry. Le danseur et les étudiants ont alors échangé sur le hip hop et sa culture, et Soso a partagé avec eux ses ressentis de danseur. Récit d’une rencontre.

Installés en cercle dans la salle de théâtre de la fac, les étudiants et Soso discutent tels des amis de leur vision du hip hop. Loin de n’être qu’un style de danse ou une tenue vestimentaire, le hip-hop est un état d’esprit, véhicule de partage et un moyen d’expression. Les étudiants comprennent peu à peu que c’est sur ce dernier aspect du hip hop que Soso veut insister. Soso allume son mp3 et la magie opère. Il s’abandonne au rythme de la musique et aux regards impressionnés des étudiants. Assis à quelques centimètres de lui, les mouvements des jeunes accompagnent les rythmes que Soso met en valeur par ses gestes et le mouvement qu’il donne aux différentes parties de son corps. Les étudiants comprennent la façon dont le danseur ressent la musique, selon les rythmes qu’il appuie.
A la fin de sa démonstration et des applaudissements nourris, les jeunes se disent admiratifs de sa capacité à se lâcher de la sorte devant eux alors qu’ils n’étaient que des inconnus vingt minutes auparavant. Ils comprennent le message du danseur : outre la technique, les émotions qu’un danseur transmet à son public et l’échange qui en découle est l’essence même de la danse. Un danseur sera bon dans ce qu’il fait selon sa capacité à partager ses sensations.

C’est dans l’expression des sentiments et dans le dépassement qu’est né le hip hop dans le Bronx, au milieu des années 60. Au cœur des quartiers défavorisés, la danse hip-hop et ses battles sont alors apparues comme un moyen plus humain pour les gangs de régler leurs conflits, tout comme les autres disciplines de la culture Hip-Hop que sont le Rap, le graph et les mixes des « dj ». Les mouvements viennent des USA, et chacun se les approprie. Le hip hop se situe donc à la frontière entre l’appropriation et le partage. Cependant Soso met en garde les étudiants ; on peut reproduire les mouvements de son « maitre », mais on ne peut pas imiter des pas sans en reconnaitre son fondateur.

En guise de conclusion à cette rencontre, Soso leur accorde une dernière danse. Pour prouver une nouvelle fois aux étudiants que la danse est avant tout un formidable moyen d’expression et de partage. C’est sur la valse d’Amélie Poulain de Yann Tiersen que Soso donne vie une dernière fois à l’espace qui lui était donné. Le cercle dessiné au sol sous ses pas devient un fil de funambule autour duquel son corps balance au rythme de la musique. Ses mouvements hip-hop s’entremêlent de façon inattendue mais parfaite au son du piano ; « On manque de temps mais vous n’avez besoin de rien dire, Je vois dans vos yeux que ça vous a plu, et c’est ce que je voulais ». C’est sur cette phrase et une nouvelle salve d’applaudissements que se termine la rencontre ; Soufian aura réussi à faire comprendre aux étudiants sa vision du Hip Hop.

 

Crédits photo de couverture : Claire Cornillon.

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