L’année 2016 commence mal, très mal… Après le chanteur David Bowie, c’est au tour d’Alan Rickman de nous quitter. Talentueux acteur / réalisateur britannique, il a vu sa notoriété mondiale bondir grâce à la saga Harry Potter. Whats Up Montpellier retrace sa carrière afin de lui rendre un dernier hommage.

Parce qu’un rôle dans un film est bien plus qu’un simple personnage joué par un acteur, les personnages d’Alan Rickman sont à la hauteur de son talent artistique. Il a su jouer avec brio moult personnages, tantôt colérique et sadique, tantôt marrant et déjanté. Alan Rickman qui était habitué à jouer sur les planches, a fait sa première apparition cinématographique dans « Die Hard, piège de cristal » (1988) de John McTiernan et a fait sa dernière apparition dans « Eye in the sky » de Gavin Hood (2015). Il nous a hélas quitté ce jeudi 14 janvier 2016 à l’âge de 69 ans.

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Crédits photo : capture d’écran

Hans Gruber, l’enfoiré qui a pourri le Noël de Bruce Willis

Personnage arrogant, monsieur je-sais-tout qui a la gâchette facile, Hans Gruber ne souhaite qu’une seule chose, les 640 millions de dollars enfermés dans une chambre forte d’un hôtel dont l’ouverture est contrôlée par un puissant ordinateur. Alan Rickman signe avec succès son premier rôle cinématographique aux côtés de Bruce Willis dans « Die Hard, piège de cristal ». Avec sa barbe et son accent british, il interprète le terroriste qui est prêt à tout pour arriver à ses fins, jusqu’à tuer à bout portant des otages. Alan Rickman arrive à nous faire détester Hans Gruber, c’est le chef de la bande terroriste qu’on aimerait voir mourrir d’une balle entre les deux yeux, tirée à partir de l’arme de Bruce Willis. Gruber n’est autre qu’un pervers sadique avide d’argent et de pouvoir, qui prétend avoir une culture diversifiée alors que ce n’est pas du tout le cas et l’on remercie le personnage joué par Bruce Willis de le démontrer tout au long du film. L’acteur parvient à nous bluffer dans son interprétation du parfait méchant malgré la répulsion qu’éprouve Rickman envers les armes à feu. Ce n’est pas le rôle phare de sa carrière, ni même son rôle favori, et dans certaines scènes l’on peut remarquer qu’Alan Rickman sursaute de peur lorsque retentit une déflagration. Alan l’a confirmé, il n’est pas à l’aise avec les armes à feu mais il a essayé de le cacher tout au long du film et c’est plutôt réussi ! Quel bonheur dans la scène finale que de voir le personnage tomber par le fenêtre avant de rencontrer le sol. L’expression d’Alan Rickman lors de cette scène est à couper le souffle et pour cause, petite anecdote, l’acteur devait réaliser une chute de 5 mètres afin d’atterrir sur un matelas gonflable. Cependant, et contre toute attente de l’acteur, le réalisateur, John McTiernan, qui devait compter jusqu’à trois avant de lâcher Rickman s’est arrêté à deux et voilà l’acteur lâché dans le vide pour notre plus grand plaisir. La scène filmée en une unique prise est d’un réalisme surprenant surtout quand l’on voit l’expression du visage de l’acteur qui ne s’y attendait pas du tout. Cette première expérience est une réussite et c’est avec un plaisir sadique que l’on reverra ce film afin de lui rendre un dernier hommage.

Metatron, le séraphin auquel il manquait une « troisième jambe »

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Crédits photo : Capture d’écran

Alan Rickman ne faisait pas que des rôles de méchant ou mystérieux au caractère froid, il savait aussi s’amuser et par la même occasion, nous divertir. « Dogma » en est le parfait exemple : une comédie déjantée que l’on revoit sans arrêt en se fendant la poire en deux. Aux côtés de Matt Damon et Ben Affleck, qui incarnent des anges déchus, Alan Rickman joue à la perfection le séraphin déjanté. Son entrée est magistrale, il apparait dans la chambre d’une jeune femme seule et prend malheureusement feu. L’extincteur à portée de main, Metatron se retrouve aspergé de neige carbonique au grand dam de son si beau costume. Cheveux en bataille, teint blafard, Metatron ne fait pas bonne impression envers la jeune femme qui craint d’être violée puis tuée. Ni une, ni deux, l’être divin baisse son pantalon, son caleçon et lui montre son attirail ou plutôt… rien : Metatron « n’est pas anatomiquement outillé côté sexe » ! Et l’on retrouve donc Alan Rickman à moitié nu avec un vide entre ses jambes, parlant à une jeune femme dans son lit. Ainsi commence la présentation de Metatron avec ses ailes qui se déploient, un discours solennel qui est arrêté par l’air ahuri de la jeune femme qui n’a jamais entendu parlé de lui, même dans les livres. Metatron est le portevoix de Dieu, car ce dernier ou plutôt cette dernière (Dieu étant une femme dans le film) a une voix tellement puissante que les humains ne pourraient y survivre. C’est une grande joie que de regarder Alan Rickman jouer ce rôle qui lui sied à merveille. L’expression de son visage face à l’incompréhension de la jeune femme est jouissif à voir. On ne se lasse pas de le voir dans ce rôle hilarant et c’est un bel hommage que de regarder encore une fois ce film et de rire aux éclats, l’idéal pour lui dire un dernier au revoir.

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Crédits photo : Google images

Severus Rogue, le professeur de potions que l’on voudrait tous avoir !

Distant, froid et autoritaire, il représente parfaitement à lui seul la maison Serpentard. Harry Potter se méfiait de son professeur de potions et pour cause, Rogue est un personnage mystérieux membre de l’ordre du phénix tout en étant l’un des bras droits de Lord Voldemort.  Cherchant n’importe quel prétexte pour faire exclure Harry Potter de l’école Poudlard, n’hésitant pas une seule seconde à assassiner le directeur Albus Dumbledore, ce n’est que vers la fin que l’on apprend qu’il n’est finalement qu’une taupe au service de Dumbledore et que sa seule et loyale mission n’était autre que de protéger Harry Potter, ce qu’il fit tout au long de la saga. Alan Rickman joue à la perfection son plus grand rôle au cinéma. Il aura marqué le 7ème art avec son air bien à lui, une mimique hautaine et méprisante dont un sourire n’ose s’y échapper. La présence du professeur Rogue domine chacune de ses scènes. Rickman, en lui-même, arrive à imposer son propre personnage grâce à son interprétation magistrale. Jamais son personnage n’est passé inaperçu avec sa silhouette sombre et froide ainsi que son caractère sévère. Mais Alan Rickman ne s’est pas juste contenté de jouer un personnage, il a aussi réussi à faire vivre une personne qui a des sentiments. Malgré l’énergie déployé par Rogue afin de les refouler, le spectateur découvre une nouvelle facette du personnage : il a un cœur brisé. L’acteur a réussi à nous émouvoir : qui n’a pas été ému lors de sa mort par le serpent Nagini alors qu’il versait une larme ? Le jeu d’acteur nous a impressionné à un point que le spectateur est arrivé à ressentir de l’empathie envers le personnage. Par la saga Harry Potter, Alan Rickman démontre à quel point il peut nous faire autant détester son personnage que l’aimer, c’est une prouesse artistique qui confirme son talent d’acteur ! Le professeur Rogue va nous manquer, c’est sûr.

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