Bonjour Carla ! Tout d’abord, peuxtu te présenter en quelques mots ? 

Je m’appelle Carla, j’ai 18 ans et je suis en LEA Espagnol Portugais. Je viens d’Avignon, j’ai fait une terminale Littéraire, option Anglais Approfondi. J’ai choisi la Licence LEA, car mon père est Portugais et il ne m’a jamais parlé dans cette langue. J’ai donc voulu l’apprendre pour pouvoir communiquer avec ma famille et ainsi supprimer la barrière du langage. Je compte, par la suite, partir six mois aux Etats-Unis, pour pratiquer l’anglais, car le pratiquer sur une table, en salle de cours, est moins intéressant. C’est pour cela que je n’ai pas choisi l’anglais.

Ensuite, je partirai certainement en Ecole d’Interprétariat à Strasbourg, pour devenir interprète de tribunal pour l’ONU, l’OTAN, etc. J’aimerais aussi vivre dans un pays anglophone comme l’Australie ou les Etats-Unis.

Depuis quand fais-tu de la photo ? 

Depuis avril 2014 ; ça ne fait donc pas longtemps. Je voulais tellement avoir un appareil que je connaissais déjà le mode d’emploi avant même d’en avoir un. C’est la mère de mon copain qui m’a appris. Elle se balade toujours avec son appareil photo avec elle et m’a ainsi transmis sa passion. Après, il y a mon père qui prenait toujours des photos avec son argentique, quand j’étais petite.

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Crédit : Carla Nunes

Tu as créé le projet « 1001 Students » ; que représente-t-il pour toi ? 

En fait, je pense à ce projet depuis très longtemps. On avait prévu, avec ma classe de terminale, de partir à Londres, cette ville étant connue pour sa diversité. J’avais envisagé le projet d’arrêter les gens dans la rue pour leur demander de les prendre en photo. Finalement, ça ne s’est pas fait.

Ce que je reprochais à ma ville d’Avignon, c’est que je trouvais que les gens n’avaient pas beaucoup d’originalité par rapport à ici. Quand je suis arrivée à Montpellier, la première fois, j’ai vu des gens avec des cheveux violets, roses, verts… Ca m’a assez surprise et c’est bien, parce que ça montre que les gens s’affirment, contrairement à ailleurs. Parce que de là où je venais, on n’allait pas à l’école maquillé et c’était normal, j’exagère mais c’était n’importe quoi.

Quand je suis arrivée ici, je me suis dit : « Ça y est, je vais enfin pouvoir réaliser ce projet. » Il est inspiré, comme je le dis sur ma page, de Laura Zalenga, qui elle, le fait à travers le monde. Cela s’appelle « 1001 Strangers ». Après, j’avais découvert le site Herself. C’est du nu artistique, qui représente différentes femmes : minces, grosses, âgées, jeunes. Je m’en suis inspirée pour les questions.

Tu réalises ton projet à Paul Valery ; que représente cette fac pour toi? 

La diversité, vraiment. On m’avait dit : « Quand tu vas rentrer dans cette université, tu vas voir : les gens sont très cool, pas de tension ou de prise de tête » et c’est vrai. Ce qui m’a le plus surprise, c’est que les gens sont super sympas. Ils t’aident même s’ils ne te connaissent pas. De là où je venais, c’était « tu peux crever » quoi. Ça a été un grand changement. Ici, un jour j’ai demandé un cours à une prof. Une fille derrière moi m’a répondu : « Si tu veux, je peux te le passer », alors que je ne la connaissais pas et ça, c’était inenvisageable à mon lycée.

Crédit : Carla Nunes

Crédit : Carla Nunes

J’ai remarqué que tu réalisais deux photos des personnes, un portrait et une en plein pieds. Pourquoi cette technique ? 

Sur ce coup là, c’est inspiré de Laura Zalenga. C’est pour montrer tout d’abord le visage, car c’est la première chose que l’on regarde chez une personne généralement. Mais ensuite, en plein pieds, je mets en avant le style, pour montrer la différence ; car des fois avec un visage, on n’imagine pas que la personne va être habillée de cette façon.

Que souhaiterais-tu faire ressentir avec cette technique ? 

L’idée est de montrer que nous sommes tous différents, mais que nous pouvons vivre ensemble.

Réalises-tu plusieurs photos avant d’en sélectionner une ? 

Oui, la plupart du temps le modèle n’est pas du tout à l’aise. Les personnes n’ont jamais fait de photos. Je les aborde comme une furie. Généralement, je suis avec une amie, on repère la personne et on se demande si on va la voir ou pas. Des fois, c’est sur un coup de tête, je ne réfléchis pas et j’y vais. Souvent, on se décide et on les aborde doucement, mais la plupart du temps, on leur fonce dessus.

Comment réagissent-ils ? 

Les gens sont très surpris. Hier par exemple, la personne que j’ai prise en photo a eu un mouvement de recul, parce que je lui ai dit : « Bonjour, je vais faire une future expo. Est-ce que vous voudriez participer ? » Il y en a beaucoup qui se disent : « Pourquoi moi ? », alors qu’ils pensent être comme tout le monde ; mais au final, ils ont un truc.

Donc tu choisis vraiment tes modèles à l’instinct, ce n’est pas calculé ? 

Oui, c’est rare que je prenne rendez-vous avec une personne, pour la prendre en photo après. Il y en a certain qui me disent : «  Je n’ai pas le temps » ou « Je suis très mal habillé. » J’aime prendre des photos sur l’instant, je n’aime pas prendre rendez-vous avec les gens. Je n’aime pas non plus qu’une personne me dise : « Si tu veux, tu peux me prendre en photo. » D’un coté, on se sent gêné, on ne peut pas dire non, mais d’un autre coté, c’est moins naturel et parfois la personne est dans la masse. Je préfère prendre sur l’instinct.

Crédit : Carla Nunes

Crédit : Carla Nunes

J’ai aussi perçu que tu posais des questions, y a-t-il une raison particulière ? 

Pour montrer la diversité. On n’a pas tous la même façon de penser, ni les mêmes convictions. On ne vient pas de la même région. Il y a une fille qui s’appelle Natasha, qui vient de São Paulo au Brésil et un garçon qui vient d’Angoulême. C’est très hétérogène, j’aime bien connaître la vie des gens un petit peu ; ça reste assez pudique, mais au moins on apprend à les connaître. Ça montre que l’on peut vivre ensemble alors qu’on est très différent.

Leur poses-tu les questions avant ou après ? 

Ça dépend. Soit je leur pose les questions avant, soit après. Hier, j’étais avec Mathilde, et les deux personnes concernées étaient amies.  Mathilde a posé les questions, pendant que moi je prenais les photos, pour que ça aille plus vite. Mais souvent, c’est la photo d’abord, et les questions après.

Il y a une question qui a particulièrement attiré mon attention : « Que t’évoque les mots femme ou homme ? » Pourquoi cette question, comment t’est-elle venue ? 

Cette question et celle de « la plus grande peur » viennent du site Herself. Cette question a pour but de mettre en valeur notre sexe, en tant que femmes. On n’est pas tout le temps mises en valeur. Il y a des fois où l’on se sent plus bas que les autres. Il y en a beaucoup qui m’ont répondu « beauté », « force », mais une autre m’a aussi répondu « oppression ». C’est bien la preuve qu’il y a quelque chose qui ne va pas parfois. Cette question sert à se poser la question de notre condition de femmes et d’hommes. Quand je pose cette question, la plupart du temps, les gens me regardent bouche bée et ne savent que répondre. Quand j’ai dû y répondre moi-même, je me suis rendue compte que c’était compliqué. D’autant plus que, les personnes doivent y répondre de but en blanc. Moi, j’ai eu le temps d’y réfléchir.

Alors, qu’estce que cela t’évoque ? 

Le caractère et la grâce.

Je vois que tu as ton appareil avec toi, prends-tu des photos tous les jours ? 

Quasiment, j’arpente le plus possible l’université, en dehors de mes cours.

Crédit : Carla Nunes

Crédit : Carla Nunes

Sur tes photos, on reconnait des endroits de la fac qui peuvent parfois être oubliés. Ça les met beaucoup en valeur. Est-ce souhaité ? 

Je n’aime pas faire des photos toujours aux mêmes endroits, parce que souvent la fac est un peu grise. Le principe, c’est aussi de montrer l’université, car elle est grande et il y a de nombreux endroits à voir.

Crédit : Carla Nunes

Crédit : Carla Nunes

Y a-t-il une personne en particulier qui t’a le plus touchée, émue, en se détachant de toutes les autres ? 

Je pense que pour l’instant, Natasha m’a le plus émue, parce qu’elle a le saudade. Il s’agit du sentiment du manque du pays, au Portugal et au Brésil. Au bout de trois mois, elle arrive à bien se débrouiller, mais elle galère quand même. Elle était tellement sincère dans ses propos, quand elle m’a parlé de Sao Paulo. On sentait le manque.

T’est-il déjà arrivé de croiser quelqu’un dans la fac, sans oser aller le voir ? 

Oui, un paquet de fois. Au moins une dizaine de fois, parce qu’on a peur de déranger les gens, souvent ils sont pressés et ils foncent. Quand ceux sont des hommes, c’est beaucoup plus compliqué, car on n’ose pas, parce qu’on a peur qu’ils trouvent cela ridicule. Pour l’instant, je n’ai eu qu’un seul refus, parce que la personne était fatiguée et pas d’humeur.

Généralement, les personnes que tu prends en photo ont-elles toutes un point commun, quelque chose qui pourrait les rapprocher ?

Elles sont toutes artistiquement liées. La plupart du temps, elles font de l’art. Je n’ai pas pris d’Art Plastique, j’ai attendu devant le bâtiment d’Art Plastique. On m’avait dit d’y aller le mardi, à midi. Il n’y avait pas grand monde. Généralement, c’est Cinéma, Philosophie, Musique, LEA, Lettres Modernes. J’ai pris une de mes amies en photo, car je trouve son style incroyable ; elle fait Lettres et Philosophie. Elle a des idées et des connaissances incroyables et peut expliquer l’inexplicable. Mais oui, j’ai remarqué que la plupart du temps, les personnes ont 19 ans. C’est étrange.

Crédit : Carla Nunes

Crédit : Carla Nunes

Que pensent tes amis de ce projet ? 

Ils m’ont tous dit que c’était un bon projet, que c’est assez cool. La plupart des gens avec qui je suis amie, je les ai rencontrés grâce à ce projet. Par exemple, Mathilde est la troisième personne que j’ai prise en photo. Aujourd’hui, nous sommes très proches. Elle était dans ma classe et immédiatement, je l’ai vue et je lui ai proposé de participer. Elle a été d’accord, alors qu’elle n’était pas à l’aise. J’ai dû réaliser plusieurs clichés.

Il y en a une autre, Hallia, avec qui je vais faire d’autres projets plus tard, parce que je ne fais pas que ce projet. Hallia n’était pas du tout à l’aise non plus et j’ai dû prendre au moins vingt photos avant d’obtenir la bonne. Il faut les détendre, les faire rire pour pouvoir réussir un cliché.

Y a-t-il des photographes en particulier qui t’inspirent, hormis ceux que tu m’as cités

Il y a Théo Gosselin qui est extraordinaire. Je l’ai découvert il y a peu de temps. André Josselin est un peu dans le même style. J’aime aussi David Olkarny, même s’il ne me correspond pas vraiment ; c’est un peu trop mode, je préfère le côté artistique de la photo, je n’aime pas vraiment faire des montages. Souvent, je prends des femmes, car j’aime mettre la femme en valeur. Mais comme je le disais, faire une photo pour faire une photo, ça ne m’intéresse pas du tout. Chacun est libre de faire ce qui lui plait, mais les photos modes avec les poses déjà réfléchies, ça ne me correspond pas, c’est trop stéréotypé pour moi. Par exemple, je vais faire un projet sur des bâtiments abandonnés, dans lequel je vais insérer une danseuse classique. J’aime le côté artistique de la photo et selon moi, cela permet de montrer le contraste entre la douceur d’une danseuse classique et la destruction d’un endroit. Je comptais aussi faire une série de photos sur du nu suggéré – donc ce n’est pas du nu vulgaire – on sait que le modèle est nu, mais on ne le voit pas.

En paysage, je ne suis pas calée. Je connais un photographe amateur, Lenny Vidal. Il est excellent, il fait des photos au Mont Ventoux et il photographie les animaux. Il y a David Talley qui est pas mal également. C’est très surréaliste, donc ça ne plait pas à tout le monde et c’est assez glauque parfois : les corbeaux qui tournent autour d’un enfant, c’est spécial, mais ça évoque quelque chose.

Il y a aussi Julie De Waroquier qui est excellente. Elle a fait une série qui s’appelle Doppelgänger, au sujet de l’ami imaginaire, une maladie psychologique. Au début, on voit l’histoire à travers les images, puis on comprend petit à petit qu’il s’agit en fait d’une personne et de sa jumelle. Elles sont rousses, c’est magnifique. On voit qu’elles jouent ensemble, ensuite il y a des photos réalisées au polaroid, comme le grain est très marqué, elles sont beaucoup plus sombres et on comprend qu’il y a un problème, que la personne est en fait seule. On le comprend au fur et à mesure pour ne découvrir qu’à la fin, que c’est l’histoire de la maladie de l’ami imaginaire, la personne pense qu’elle est avec quelqu’un, mais elle se rend compte qu’elle est toute seule. La photographe explique cela et comme elle, je trouve super de raconter des histoires à travers une série de photos. Je compte faire ça d’ailleurs, dès que j’aurai le temps.

Il y a également Xavier Navarro, photographe de mariages. Il donne des cours de photo sur Youtube et fait ses photos seulement en Focale Fixe ; c’est-à-dire sans zoomer. Il parvient à capter de jolies choses.

Tu as d’autres projets à venir ? 

Sur la femme, sur la danseuse classique, je dois prochainement prendre une fille en photo.

Je dois aussi faire une collaboration avec une photographe amatrice de la fac qui m’a contactée, Omayma El Gana. Elle est plus mode, mais elle fait du beau travail.

Tu prends tes photos au numérique, utilises-tu d’autres moyens ? 

J’ai testé l’argentique ; mais je n’ai pas encore fait développer mes photos. J’ai peur du résultat. Le problème avec l’argentique, c’est que l’on ne voit pas nos photos et ça part très vite en pellicule, même si j’en ai un génial. Je l’ai testé à Porto et il était bien. C’est un Canon AV1 ; mais c’est perturbant lorsque l’on ne voit pas la photo.

Théo Gosselin et Andre Josselin utilisent l’argentique et on voit les photos : les couleurs sont exceptionnelles. Alors que le numérique, c’est du pixel. Il n’y a pas la même qualité d’image, les couleurs sont différentes. On peut mettre des filtres, mais ça reste différent. J’aimerais bien y toucher un peu, mais ça revient cher.

Comment travailles-tu tes photos ? 

Je retouche très peu mes photos. Je les ré-éclaire, je mets plus de contraste, j’augmente les couleurs, j’aime quand c’est gai. J’enlève le bouton disgracieux qui est apparu ce jour-ci, je fonce les ombres, les sourcils et les cils et j’éclaire la couleur de l’iris un tout petit peu. Il ne faut surtout pas retoucher une personne. Elle est prise pour ce qu’elle est.

Crédit : Carla Nunes

Crédit : Carla Nunes

J’ai vu que tu allais réaliser une exposition, félicitations ! Comment te sens-tu ?

Merci ! J’ai même appris que la vice présidente de la culture allait me faire exposer dans la pelouse en avril 2016. Je suis contente que ça aboutisse. Photographe, je ne compte pas en faire mon métier c’est simplement du plaisir. Mais quand on n’a pas beaucoup de « j’aime » sur sa page Facebook, on se demande si on devrait continuer, si ce n’est pas ridicule. Finalement, on dépense un paquet d’argent dans la photo et on se dit que c’est peut être n’importe quoi. J’ai voulu faire le métier de Photographe, mais il n’y a pas assez de débouchés. Certains se disent « photographes », mais font des photos catastrophiques. Ils font payer leur shooting 700 euros et ne font même pas un bon boulot. Beaucoup pourraient mieux faire.

Je suis contente : grâce à la Community Manager qui a partagé ma page sur celle de l’université, je suis passée de 600 à 800 « j’aime », en seulement un week-end.

L’exposition est prévue pour janvier, juste après les partiels, à la bibliothèque universitaire. Je suis aidée par un FSDIE et l’association ADEM3, à qui j’ai proposé le projet. Lorsqu’ils l’ont découvert, ils l’ont adoré et largement approuvé. J’ai même reçu des critiques positives de la part des enseignants.

Aimerais-tu mettre le projet « 1001 Students » sur papier, le développer davantage

Si on ne garde pas les photos de l’expo, je comptais éventuellement les donner à chaque modèle, car c’est grâce à eux. Faire un livre aussi serait bien, c’est à réfléchir. Je ne veux pas que ce soit un fascicule, mais un beau livre.

Si jamais tu devais donner un conseil à quelqu’un qui, comme toi, voudrait réaliser des projets, des photos particulières ou même créer quelque chose, qu’estce que tu lui donnerais ? Qu’estce que tu aurais aimé que l’on te dise à tes débuts ? 

Alors, tout d’abord, ne pas avoir peur de se lancer, ne pas avoir peur du ridicule, ni même d’aller vers les gens, sinon après, on s’en veut. D’ailleurs, j’ai vu un jour une fille magnifique, donc je fais un appel à témoin : elle avait un carré noir qui partait vers le rose, avec un piercing sous le nez, des lunettes noires de soleil et portait un long manteau marron et une robe noire. Un style merveilleux.

Un autre conseil : demander aux gens, demander l’avis de son entourage ; mais aussi, faire signer des contrats de droit d’images.

Et enfin, toujours prendre des photos, en permanence, pour pouvoir s’améliorer. Au début, on pense que l’on fait des jolies photos et ensuite, lorsqu’on voit le travail qu’on a effectué un an auparavant, on constate que l’on a fait du chemin ! Penser également à s’inspirer des gens. Lorsque j’ai des projets, j’écris tout ce que je fais, le lieu, le moment ainsi que la personne, et souvent ça m’aide.

Un mot pour la fin ? 

Je fais aussi des photos amateur, sans être payée, parce que je pense qu’il n’y a pas à être payé quand on est amateur ; c’est voler le travail des professionnels. Donc, si ça intéresse…

Merci beaucoup Carla d’avoir accepté de répondre à notre interview et puis félicitations pour ce beau projet. On te souhaite d’avoir une belle exposition ! 

Vous pouvez retrouver Carla sur sa page Facebook : Carla Nunes Photographies ainsi que son projet « 1001 Students« 

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