Le Jardin de la Reine à Montpellier est moins célèbre que le jardin des plantes. En effet ce petit paradis de verdure est caché et fermé au public à l’année, les visites se font avec l’association « Sauvons le jardin de la Reine et le bâtiment de l’intendance ». L’on dit jardin de la Reine car ce jardin a été fait pour la reine d’Aragon dite Marie de Montpellier (1183-1213). Il est composé de plusieurs parties toutes bien pensées selon l’orientation du soleil et les aléas climatiques. Le terrain a été exploité de telle sorte qu’il reproduit une « montagne ».

le jardin de la reine

Crédit: Rongier Paul

Un potager au jardin de la Reine.

Le jardin se découpe en plusieurs partie. Il y a au nord ouest le potager, au nord est la forêt qui créée de l’humus, engrais qui sert pour le potager. Au sud-ouest est placé un amphithéâtre fait de rondins de bois, où l’on peut discuter, et qui est joint à des terrasses. Il est joint à une fontaine que l’association voudrait remettre en service pour arroser les plantes et permettre aux oiseaux d’y venir se laver. Pour le potager les adhérents de l’association utilisent la pena culture. La pena culture consiste à utiliser ce qui est proche plutôt que ce qui est loin. On prend le temps d’analyser, regarder son terrain pour voir ce qui s’y passe. On remarque comment poussent les plantes et on voit lesquelles vont le mieux avec quelles autres plantes. Tout est réfléchi. On observe pour voir ce que chaque plante peut apporter à l’autre : ombre, humidité, pollen, etc. Au fond, aucun engrais n’est mis. Ce sont des morceaux de bois en décomposition qui créent de l’engrais pour les plantes. Cet ensemble de forêt, terrasse, potager, est pensé de telle façon que ses composants interagissent ensemble. Le potager n’est pas trop éclairé et est à l’abri du vent. Au contraire, les terrasses nécessitent beaucoup de lumière alors elles sont sur une partie dégagée.

Un lieu resté secret et fermé au public pendant longtemps.

Guilhem VIII, seigneur de Montpellier, proclame la liberté d’enseigner la médecine à Montpellier quelque soit son origine et sa foi. Les noms jardin du Roi et jardin de la Reine proviennent du roi d’Aragon Jacques Ier et et sa mère Marie de Montpellier, Reine d’Aragon fille de Guilhem VIII. En 1593, Pierre Richer de Belleval (1564-1632) sur la demande d’Henri IV (1553-1610) doit fonder un jardin des plantes selon la mode qui venait d’Italie (Padoue). Henri IV finance tout les travaux. Seulement quand Henri IV décède, il n’y a plus de financement. C’est Richer de Belleval qui finança de sa poche le jardin tellement ce projet lui tenait à cœur. Il y engloutit toute sa richesse familiale. Il finira les travaux trois ans avant sa mort. L’ensemble imaginé dès le départ s’étendait depuis les remparts ouest jusqu’au Puy d’Arquinel (Parc du Peyrou actuellement). Des innovations y sont entreprises, nouvelles en Europe, elles créent la renommé du Jardin des Plantes. Les ingénieux systèmes d’irrigations pour le labyrinthe et la montagne contribuent à cette renommée.

Une commande royale

La construction du jardin botanique, se fait de 1592 à 1602. L’intendance, siège de l’administration du jardin et résidence de Richer de Belleval est aussi construit durant cette période. Le roi veut une université de médecine et pour cela il a besoin de plantes médicinales. Pour répondre à ces besoins, la construction du jardin est entreprise. Le labyrinthe est un ensemble complexe creusé en colimaçon carré jusqu’à huit mètres de profondeur atteignant la nappe phréatique. On y faisait pousser les plantes qui nécessitaient beaucoup d’humidité et peu de lumière : les plantes ombrophiles. En 1619, Richer de Belleval veut créer une grande allée vers la ville et y inclure de nouvelles espèces végétales. Cet espace faisait partie du jardin de la Reine et du champ de la Reine. Le jardin de la Reine n’était encore qu’un lieu d’expérimentation. En effet, les botanistes y venaient pour essayer de nouveaux types de plantes. Comme le jardin du Roi, ce jardin était en plusieurs parties avec une montagne, un potager et des terrasses.
Un passage permettait de relier l’intendance au jardin de la Reine. De l’intendance on pouvait accéder au jardin du Roi et de la Reine. Une autre hypothèse pour la création du jardin de la Reine dit que Marie de Montpellier mariée à Pierre d’Aragon, voulait un jardin où elle pouvait se rendre avec ses amies. Cette riche famille achète au comte de Maugio la surface du jardin. Seulement Pierre d’Aragon ne veut pas d’enfant avec Marie d’Aragon. Pierre reste bien loin de sa femme. Un soir alors que Pierre d’Aragon avait bien fait la fête, Marie s’introduit dans son lit en se faisant passer pour une courtisane. Celui-ci se fait tromper. De cette relation serait né Jacques premier d’Aragon.

Un écrin de verdure à l’abandon

À la mort de Richer de Belleval le 17 novembre 1632, ses successeurs et héritiers les Chycoineau laissent le jardin à l’abandon et n’arrivent pas à le gérer. Tout au long du XVIII le jardin reste en mauvais état et les bâtiment menacent de s’écrouler. En 1794, après la révolution, le jardin du Roi prend le nom de jardin des plantes. En 1804, le labyrinthe de Richer de Belleval est comblé. 1808, la ville acquit le jardin de la Reine pour agrandir le jardin des plantes. En 1815 Augustin Pyranus de Candolle sous Napoléon, est nommé directeur du jardin des pantes de 1808 à 1816 et devient recteur de l’académie durant cent jours. Grace à ce double statut, il se voit l’appropriation par son successeur de la maison de l’intendance et du jardin de la Reine. Le jardin de la Reine devient ainsi le jardin privé de M. le recteur. En 1861, pour élargir la rue du faubourg Saint Jaumes, le pont construit entre le bâtiment de l’intendance et le jardin de la Reine est détruit. Il est remplacé par une passerelle en métal et en bois elle même détruite entre le 15 et 16 juillet 2014. Seulement, les recteurs suivants vont laisser la maison de l’intendance pour aller dans une maison plus grande plus au nord de Montpellier. De ce fait le jardin de la Reine et la maison de l’intendance sont abandonnées.

Crédit: Rongier Paul

Crédit: Rongier Paul

La récupération du Jardin

En 2009, le jardin de la Reine est inscrit aux monuments historiques. En Juin 2013, le jardin de la Reine et la maison de l’intendance sont mis en vente par l’état. C’est alors que les citoyens et riverains se mobilisent pour que cet ensemble reste dans le domaine public. Le 5 Juin, l’association « Sauvons le jardin de la Reine » est créée. Très vite, les actions de l’association se multiplient pour sensibiliser les montpelliérains et les médias. En décembre 2013, le jardin de la Reine est acquit par la ville de Montpellier, c’est une première victoire pour l’association. Seulement une fois que le rectorat a racheté le jardin, quelques personnes ont été envoyées avec des débroussailleuses et tout à été détruit. Les fleurs ont été taillées. Tout le patrimoine vivant a été détruit. Quand l’association a récupéré le terrain c’était un terrain dévasté. Seuls les arbres avaient survécu. Le premier juin 2014, pour la première fois depuis le moyen âge, le jardin de la Reine a été ouvert au public pour la Journée Nationale de l’Enfant au Jardin. Cependant la maison de l’intendance reste toujours à vendre de nos jours. L’association lutte pour que le jardin de la Reine reste en bon état.

Mais qui peut adhérer cette association?

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, cette association est accessible à tous et toutes. L’association « Sauvons le jardin de la Reine » peut être adhérente par n’importe qui pour 5 euros l’année. Cette basse somme d’adhésion a pour but de permettre à toutes et tous de pouvoir y accéder. Le jardin est ensuite ouvert trois jours par semaine. Pendant ces trois jours les adhérents peuvent venir cultiver, maintenir le jardin de la Reine. Le projet de l’association est d’obtenir la maison de l’intendance pour que celle-ci soit rénovée et devienne un lieu public. Des projets pédagogiques pourraient y être présentés. Un amphithéâtre pourrait être construit pour discuter ou débattre sur l’avenir du jardin. De même cela pourrait relier le jardin des Plantes au jardin de la Reine et créer un parcours ludique. Le visiteur pourrait passer d’un jardin à l’autre comme bon lui semble. Des expositions et des soirées pourraient aussi être organisées dans cet espace. L’association a des projets et cet édifice pourrait être un lieu précieux pour leurs projets.

Crédit: Rongier Paul

Crédit: Rongier Paul

Qu’avons nous dans le jardin de la Reine?

Le patrimoine vivant est sans cesse entretenu par l’association. Ils veillent au grain au bon développement de la nature. Il y a dans le jardin des plantes mais aussi beaucoup d’animaux. Comme arbres, il y un chêne vert planté depuis plus de 200 ans. Comme arbre ancien on peut observer aussi un micocoulier (celtis australis). De même, des arbres fruitiers tel que l’abricotier, le figuier et le cerisier ce joignent au jardin. Comme animaux, il y a beaucoup d’escargots. En majeure partie des cétones d’Algérie. Ceux-ci recyclent et font de l’humus. Ils sont très bénéfiques pour le jardin. Il y a aussi des bulimes tronqués, des escargot carnivores. Ceux ci sont nuisibles dans tout le reste de la France mais pas à Montpellier car c’est de Montpellier qu’ils sont originaires. Ce terrain est très important car rien n’a jamais été ici avant. C’est un espace épargné de la présence humaine. Depuis le Moyen Âge, des micros organismes vivent ici : des minis scorpion de Montpellier , dont la piqûre fait moins mal que celle d’une guêpe, il est presque inoffensif. Ils vivent en cohabitation avec des hérissons. Il y avait aussi un enclos à poule. Jusqu’au jour où un furet fut introduit et que celui-ci mette la pagaille partout en réglant leur compte aux poules et aux pigeons de passage. De même les chats aussi ne viennent plus beaucoup dans le jardin… Mais depuis un moment nous n’avons plus de traces de notre serial killer. Enfin, une fontaine à l’ouest du jardin permettait aux oiseaux de venir se laver mais celle ci est à sec.

Crédit: Rongier Paul

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