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Aujourd’hui, il y a environ 700 600 élèves français dans le cadre scolaire qui se font harceler. C’est un quotidien pour beaucoup d’enfants et d’adolescents, mais ce sujet reste relativement tabou et les mesures prises ne sont toujours pas suffisantes.

Le harcèlement scolaire, c’est quoi ?

D’après l’UNICEF, il existe 4 formes d’harcèlements : le moral composé d’une violence verbale, le physique qui cette fois-ci est basé sur des violences physiques, celui d’appropriation avec le racket et différentes actions menant au vol et enfin, le sexuel. La répétitivité, la violence et l’isolement détruisent les victimes. En effet, en France, 22% des enfants harcelés n’en parlent à personne, 85% des faits de harcèlement ont lieu au sein d’un groupe, ce qui mène à 61% des victimes de harcèlement à avoir des idées suicidaires.

Crédit : Observatoire de la violence à l'école / Vu sur LeFigaro.fr

Crédit : Observatoire de la violence à l’école / Vu sur LeFigaro.fr

Témoignage

« Le harcèlement scolaire est différent pour chaque victime. Il commence par de simples moqueries qui fusent à droite à gauche de temps en temps puis elles se rapprochent et deviennent un quotidien. Tu deviens une bête de foire, une tête de turc au milieu d’un troupeau de moutons engrainés par quelques cons. Tu te retrouves seul et je pense que c’est le pire, tu essaies de t’accrocher à quelques personnes qui s’avèrent finalement être d’autres moutons. Les insultes fusent, on t’enferme dans des classes, on vole ton sac, on le cache, on se moque de toi pour tout et rien, pour tes lunettes, tes fringues, tes notes. On te bouscule, on te montre du doigt, on cherche n’importe quel prétexte pour t’humilier. Et chaque soir, tu rentres chez toi et tu pleures dans ton lit mais comme un imbécile tu vogues sur les réseaux sociaux là où le harcèlement est le plus blessant, parce que les mots écrits restent imprimés sur ta rétine. Alors tu t’endors en larmes, comme chaque soir. »

Une recherche de solution ?

En 2016, l’Etat a décidé d’instaurer une « journée harcèlement pour briser la loi du silence ». De plus, il y a une page Facebook et un site internet qui ont été mis en place pour les élèves, les parents et toutes personnes ayant des questions à poser sur le sujet.
Pour trouver conseil, « Stop Harcèlement » permet de communiquer avec des spécialistes afin de trouver des solutions. Pour gérer le cyber harcèlement, Net Ecoute, lui, permet d’effacer des contenus pouvant blesser ou causer du tort à la victime.

Un problème « minimisé »

Ce qu’on peut affirmer c’est qu’on n’en parle pas assez, on ne défend pas assez les victimes et enfants, adolescents mais aussi adultes ne sont pas assez sensibilisé vis-à-vis de ce problème. Pour la plupart des victimes, soit on ne parle pas assez de ce fait, soit on n’en parle pas du tout. Les victimes n’ont pas la sensation que les autres cherchent à leur apporter du soutien ou une quelconque aide, elles restent donc là, dans une situation où personne semble chercher à les comprendre.

Témoignages :
« Je trouve que la justice devrait entreprendre des mesures plus fortes pour punir ces gens et les faire savoir au niveau national, faire comprendre que ce genre de chose ne se fait pas et que les victimes sont soutenues, en quelque sorte. Même les profs et les directeurs ne prennent pas ça au sérieux ! Il faudrait sensibiliser non seulement les jeunes mais aussi les adultes en contact avec ces jeunes. Aussi, on devrait faire venir les flics comme lorsqu’ ils viennent faire de la prévention pour les dangers d’Internet et la sécurité routière. Je trouve qu’il devrait y avoir ça pour le harcèlement, avec des exemples réels, vus dans les articles, des courts métrages assez « violents »… Ce n’est pas assez pris au sérieux par le gouvernement et c’est dommage parce que c’est une affaire d’État qui existe depuis la nuit des temps. »

« J ‘en ai été victime et je ne pense pas qu’on en parle assez. Je pense très sincèrement qu’il n’y a pas assez de mesures mises en place ou du moins, qu’on ne les applique pas. Je pense que les « adultes » ont du mal avec le terme « harcèlement ». Pour certains, ce ne sont que de simples moqueries, de simples rumeurs, je sais pas si tu vois ce que je veux dire. C’est dur d’en parler, on a tellement honte et on se sent tellement… nul. »

Le Cyber Harcèlement

Nous en avons beaucoup entendu parlé avec les histoires concernant Ask et même avec son successeur, Kiwi. Ces deux plateformes ayant pour but de poser des questions à des personnes qu’on connait ou que l’on ne connait pas de manière anonyme, ou non. Le constat est flagrant : derrière l’anonymat et un écran, les personnes, majoritairement les jeunes, se donnent des libertés plus larges que s’ils étaient dans une confrontation en face à face. Les critiques, les insultes et les moqueries ont donc fusé sur la toile. Il a été vu que les jeunes pouvaient trouver ça « amusant » de se liguer à plusieurs contre une seule personne.

Témoignage

« Le harcèlement, c’est de l’acharnement à répétition, une forme de loi du plus fort qui écrase et du plus faible qui subit. Je pense que le harcèlement provoque une souffrance sans borne pour la victime et démarre du mal être du « bourreau ». C’est une faiblesse de l’âme qui ressort dans la cruauté des actes. »

Et les victimes ?

Dans une grande majorité des cas, les victimes n’en parlent pas. Menaces ? Hontes ? Souffrances ? Nombreuses sont les raisons qui mènent les jeunes à se taire sur le sujet. Dans la plupart des cas, ces élèves affirment que personne n’a vu leur détresse, qu’ils étaient seuls face aux autres et lorsqu’on avait affaire à du harcèlement en lieu public, devant les autres, ils ont constaté que les passants avaient tendance à ignorer la scène. Si dans certains cas, des personnes viennent secourir ces jeunes, en général ils se retrouvaient seul puisque les passants ne réagissaient pas et ne s’interposaient pas.

Témoignage

« Pour moi on n’en parle pas, en tout cas pas assez. Moi qui en ai vécu un au collège, personne ne bouge, personne ne fait quelque chose et personne n’en parle, pas même la personne qui le vit, c’est dur d’en parler. On le voit, enfin pour ma part ça se voyait. Tu vois une personne pleurer et personne ne fait rien. Tu entends les insultes. Je pense que y remédier complètement est impossible, il y aura toujours des cons pour insulter quelqu’un à répétition. »

Les conséquences…

Sur le court terme :
– L’absentéisme et le décrochage scolaire,
– Baisse de la confiance en soi, repli sur soi et remise en question,
– Indisponibilité psychique,
– Trouble du comportement et du métabolisme : bien évidemment, si notre souffrance est forte, notre corps la traduira d’une manière ou d’une autre, par les vomissements, maux de tête, maux de ventre, insomnie…
-Isolement relationnel : suite à une stigmatisation, l’individu va se renfermer sur lui-même et va se réfugier dans la solitude pour ne plus avoir à subir de telles violences.

A moyen terme :
– Troubles anxio-dépressifs : L’adolescent se sentira coupable pour ce qu’il a vécu ou bien il va perdre confiance en lui mais aussi en ses proches et renoncera donc à demander une aide,
– Comportement suicidaire,
– Comportement violent : La victime sera sur la défensive et pourra avoir des réactions violentes envers les autres.

Sur le long terme :
– Trouble de la socialisation : « Une faible estime de soi, des tendances dépressives et une vulnérabilité relationnelle acquises dans l’enfance ou l’adolescence du fait du harcèlement peuvent entraîner des difficultés d’adaptation dans le contexte professionnel, relationnel et amoureux. »,
– Trouble psychique : dépression, tentatives de suicide, phobie sociale, addiction.

Ici sont présentées les conséquences pour la victime mais il faut savoir qu’il y en a également pour l’harceleur comme pour les éventuels témoins !

Témoignage :

« Lorsque tu décroches, tu sombres petit à petit, tu vas voir un juge des enfants, tu te demandes si tu es fou, on voit même des psychologues et psychiatres .. On sait plus où donner de la tête, on va dans des CMP (Centres Médico-psychologiques) pour ados … On doit se reconstruire, car notre génération nous a détruit »

Pour en savoir plus : http://www.agircontreleharcelementalecole.gouv.fr/quest-ce-que-le-harcelement/les-consequences-du-harcelement/

Montpellier, une action contre le harcèlement sexuel !

Solidaires Etudiant-es Montpellier a organisé à Montpellier, dans l’université Paul Valéry, salle Camproux, le premier événement d’une longue série. En effet, mercredi 21 octobre à 18h, un groupe de parole mixte contre le harcèlement sexuel a été mis en place. Projections, débats, formation et sensibilisation ont été au rendez-vous ! Témoigner, écouter, exposer son opinion est le but de cette initiative !

Ils en parlent !
Voici une étude qui a été faite : https://www.youtube.com/watch?v=jVBdpSvd3GI
Numéro STOP HARCELEMENT : 0808 807 010
Numéro NET ECOUTE : 0800 200 000
Non au harcèlement : 3020
Le site pour agir contre le harcèlement : http://www.agircontreleharcelementalecole.gouv.fr/
Les victimes se confient… (Témoignages) : http://www.francetv.fr/temoignages/harcelement-scolaire/
Besoin de parler ? https://www.sos-amitie.com/

Sources :
Les victimes, je remercie toutes les personnes qui m’ont confié une partie de leur histoire.
Le gouvernement : http://www.gouvernement.fr/6-choses-que-vous-devez-savoir-sur-le-harcelement-a-l-ecole-nah
Unicef : https://www.unicef.fr/sites/default/files/userfiles/06_HARCELEMENT_SCOLAIRE_EN_FRANCE.pdf
France TV :http://www.francetv.fr/temoignages/harcelement-scolaire/chiffres-cles_47
Gouvernement – Agir contre le harcèlement : http://www.agircontreleharcelementalecole.gouv.fr

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