Parce qu’un regard neuf, jeune et différent permet de mieux comprendre le monde qui nous entoure, chaque semaine je vous propose le sujet le plus chaud de l’actualité nationale / internationale. Je vous le présente, vous l’explique et vous le commente grâce à des schémas, des chiffres, des images…

Cette semaine traversons l’Atlantique et posons notre pied sur la terre de la liberté : The United-States of America ! Trois fusillades ont éclaté sur des campus universitaires dans l’Oregon, en Arizona et au Texas en l’espace de quelques jours seulement faisant un total de 11 victimes. Comment expliquer un tel phénomène typiquement américain ? Existe-t-il une solution à ce problème ?
Les américains sont très attachés à leurs libertés, que ce soit les libertés de religion, d’expression, de presse… et plus particulièrement au droit du port d’armes. Priver les américains de ce droit, c’est comme nous priver de notre droit de grève : impensable !

Aux États-Unis, 357 millions d’armes pour 317 millions de personnes !

Aux États-Unis, 357 millions d'armes pour 317 millions de personnes !

Tout le monde peut se procurer une arme. Certes, si un américain souhaite acheter une arme à feu dans une armurerie, il devra présenter des papiers administratifs afin d’assurer qu’il n’a pas de maladies mentales ni d’ennuis avec la police. Rassurant ? Pas tellement quand on sait que cette vérification ne se fait pas s’il achète une arme dans une foire.
Le droit de porter une arme est inscrit dans la Constitution américaine écrite il y a plus de 200 ans, plus précisément le deuxième amendement.

« A well regulated Militia, being necessary to the security of a free State, the right of the people to keep and bear Arms, shall not be infringed » que l’on peut traduire par « Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d’un État libre, le droit qu’a le peuple de détenir et de porter des armes ne sera pas transgressé ».

Les américains baignent dans la culture de l’arme. Ils ont bien conscience qu’un fusil est une machine de guerre, une machine à tuer mais pour eux, c’est avant tout une machine pour se défendre. Là où ça pose problème, c’est que la prolifération des armes sur le territoire américain est cause d’excès en tout genre qui résulte malheureusement à plusieurs drames.

Les armes à feu font plus de victimes que les attaques terroristes

lLes armes à feu font plus de victimes que les attaques terroristes

C’est un fait. Alors que le gouvernement américain fait de la lutte contre le terrorisme sa priorité nationale, les armes à feu font bien plus de victimes. Accidents mortels, règlement de compte, bavures policières, fusillades, tueries, la liste des victimes est longue. Depuis le début de l’année, il y a eu 380 morts dans des tueries de masse. Mais ce n’est, hélas, pas le seul fléau. De plus en plus de jeunes enfants figurent parmi les victimes. Pourquoi ? Etant donné que les enfants n’ont pas le droit d’acheter des armes. Aux Etats-Unis, ils aiment tellement leur arme, qu’il arrive que le père offre à son enfant un fusil pour son anniversaire. Le problème est que, bien souvent, ils sont trop jeunes pour comprendre la dangerosité de l’arme pensant que c’est un jouet. C’est ainsi qu’arrive des accidents mortels comme cela s’est passé en 2013 au Kentucky lorsqu’un petit garçon de 5 ans a tué sa petite sœur, pensant qu’il tenait entre les mains un jouet qu’on lui avait offert quelques temps auparavant… Le coupable ? Les entreprises américaines d’arme à feu qui ciblent les enfants dès leur plus jeune âge. Ils les attirent avec les mêmes codes que de nombreux fabricants de jouets. Ainsi, les armes sont customisées de couleurs vives : du rose pour les filles ; du bleu pour les garçons.
Quelle solution pour endiguer l’utilisation des armes à feu aux États-Unis ? Pourquoi le problème persiste ?

« La seule façon de stopper un méchant avec une arme est de lui opposer quelqu’un de bien avec une arme. »

La fusillade dans l’Oregon du 1er octobre dernier a relancé le débat sur le contrôle des armes à feu outre-Atlantique.
Le président des Etats-Unis, Barack Obama, s’est adressé le même jour, pour la quinzième fois depuis le début de son mandat, à la nation américaine juste après la tuerie. Même expression, même mots, même discours, les allocutions du président se ressemblent et peine à convaincre le congrès qui est majoritairement défavorable au contrôle des armes à feu. Pourquoi les sénateurs sont-ils devenus « insensibles » au point de rester inactif face à ces événements comme le dit Barack Obama dans son dernier discours ? Trois lettres : NRA ! Késako ? The National Rifle Association ! Son but ? Promouvoir l’industrie de l’armement… Cette association défend la libre circulation des armes et essaie de convaincre tant les sénateurs que les citoyens que l’arme est la seule solution pour se protéger et ainsi vivre dans un pays libre. Avec quatre millions d’adhérents, la NRA est devenue l’un des plus puissants lobbies capables d’influencer la politique américaine. Comment ? Grâce à l’argent ! La NRA a dépensé 2,98 millions de dollars en activités de lobbyisme en 2012 selon le site OpenSecret.org et environ 1 million pour les candidats électoraux. En plus du lobbying, la NRA engage des sommes astronomiques pour la publicité ainsi que les activités de promotion en faveur de l’armement du citoyen. Et l’association est capable de tout ! Par exemple, elle a développé un jeu mobile, téléchargeable sur les plateformes de l’App Store, destiné aux joueurs dès l’âge de 4 ans. Le jeu consiste simplement à tirer sur des cibles mouvante à l’aide de, non pas un lance-pierre, mais d’un fusil de tireur d’élite (ambiance…).

Je terminerai par cette citation de Jean Carmet (vous savez, celui qui a joué « le bombé » dans la Soupe aux choux) : “La seule arme qui m’intéresse, c’est le tire-bouchon.”

Crédit : Le Monde.

Crédit : Le Monde.

Une réponse

Laisser un commentaire