L’été des séries nous a amené son lot de surprise, dont une en particulier, totalement inattendue, Mr Robot. On doit cette série-thriller à Sam Esmail, peu connu publiquement, et est diffusée sur la chaîne USA Network, une petite chaîne du câble américain qui commence à se démarquer grâce à une montée en gamme de la qualité de ses séries (Suits).

Crédit : Universal Cable Production

Crédit : Universal Cable Production

Le Pitch

Dans le New York actuel, on suit Elliot Alderson (Rami Malek), un technicien dans une boîte de sécurité informatique le jour, et hacker la nuit. Elliot entretient une profonde haine pour E Corp, un conglomérat mondial qui contrôle et possède à peu près tout, et qu’il surnomme Evil Corp. Elliot hacke tout, tout le temps, ce qui le mène à croire que le gouvernement le suspecte d’activités illégales et crée en lui une certaine paranoïa. Un jour, il rencontre Mr Robot, un homme mystérieux qui lui parle de la fsociety, un groupe secret de hacker qui veut renverser l’économie capitaliste actuelle…

Une profondeur cachée sous un voile d’idéalisme naïf

Lorsqu’on commence la série, on se demande ce qu’il se passe. Le personnage principal est un paranoïaque, toxicomane et génie de l’informatique. On suit ce personnage atypique évoluer dans une société qu’il hait au plus profond de soi, mais dont il ne peut s’extraire.

Elliot est source de nombreuses contradictions. On le sent méprisant des médias dominants, du pouvoir insidieux d’une multinationale, de l’individualisation de la société, mais il n’hésite pas en contrepartie à collecter, fouiner, pirater, s’immiscer dans la vie de tous les individus qu’il connaît par le biais de l’informatique. Le pouvoir de cette série, c’est bel et bien ces contradictions, ces limites morales balayées, déplacées, modifiées.

La série semble de base assez simpliste dans son projet de départ : une méchante multinationale sans identité aliène le monde, et le héros veut tout renverser. Alors oui, c’est classique, mais ça marche. On pense facilement à Fight Club, qui part du même postulat, mais la série évolue assez vite différemment et adopte sa propre identité.

La grande force, c’est Elliot, un personnage très bien écrit. On découvre un personnage névrosé, qui se questionne, dans une grande solitude. C’est un personnage qui fait des crises, qui est dépressif, mais qui essaie de s’en sortir malgré tout. La narration en voix off nous sensibilise encore plus, on devient son journal intime. Il va même jusqu’à tutoyer le spectateur. En brisant le quatrième mur, on est pris à parti, on veut aider, mais le monde qui l’entoure lui rappelle sans cesse à quel point il est seul et même le spectateur ne peut pas l’aider. On est là, forcé à le regarder au fond du trou, mal intégré, incompris et seul, mais motivé par une lutte qui semble perdu d’avance, comme un David contre Goliath moderne.
I wanted to save the world.

Crédit : Universal Cable Production

Crédit : Universal Cable Production

Une saison 2 attendue

Mr Robot est une très bonne série. Malgré un rythme quelque peu bancal par moments, l’originalité et les personnages à la fois profonds et troubles font de cette série quelque chose de très intéressant, qui égratigne et mène une réflexion sur notre société toujours plus individualisée et globalisée, souvent aux mains d’une minorité.
Rendez vous l’an prochain pour la saison 2.

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